Un arbre planté trop près d’une clôture peut entraîner l’obligation de l’arracher, même plusieurs années après sa mise en terre. Le Code civil impose des distances précises : deux mètres pour les arbres de grande taille, cinquante centimètres pour les arbustes plus petits. Toutefois, un accord entre voisins ou l’existence d’usages locaux peut modifier ces règles.
Des exceptions subsistent lorsque la plantation existe depuis plus de trente ans sans contestation. La réglementation prévoit aussi des recours spécifiques en cas de non-respect des distances, avec des délais de prescription à connaître pour éviter les litiges.
Planter près de la limite de propriété : ce qu’il faut savoir avant de commencer
Avant de sortir la bêche, il y a quelques réflexes à adopter. Commencez par observer le terrain, repérez la limite précise qui vous sépare du voisin : un mur, une clôture, un bornage officiel. Mieux vaut vérifier sur plan que de s’en remettre au hasard, car la confusion sur quelques centimètres peut déclencher des années de querelles. Un bornage clair, validé par un professionnel, ferme la porte à bien des complications si une contestation surgit.
Les distances à respecter ne se devinent pas. Elles découlent du Code civil, mais aussi des particularités locales. La distance limite propriété dépend du type de plantation : arbre de haute tige, haie, arbuste persistant… Impossible de tricher avec la réglementation sans risquer de tout arracher sur injonction. Certaines mairies, via leur plan local d’urbanisme ou un arrêté municipal, peuvent imposer des contraintes supplémentaires. Avant de planter, un petit détour par la mairie ou par le PLU s’impose.
Quelques rappels concrets pour éviter les erreurs courantes :
- Prenez le temps de mesurer la distance exacte entre le centre du tronc et la limite séparative, sans oublier que l’arbre va grandir.
- Gardez à l’esprit que plus un arbre est haut, plus il doit être éloigné de la limite : deux mètres pour les grands sujets, cinquante centimètres pour les plus petits.
Mieux vaut échanger avec le voisin, même brièvement, avant de creuser. Une simple discussion désamorce souvent les crispations et permet d’anticiper les soucis. Pensez aussi à la nature du sol : certaines espèces, comme le peuplier ou le bambou, savent franchir les frontières souterraines, envoyant racines et drageons chez le voisin. En cas de dégâts, la responsabilité du planteur est engagée.
Quelles distances respecter pour arbres, haies et arbustes selon la loi ?
Le Code civil ne laisse que peu de place à l’interprétation sur ce point. Dès que la hauteur d’une plantation dépasse deux mètres, la distance minimale à la limite séparative grimpe à deux mètres. En dessous de cette taille, cinquante centimètres suffisent. Cette règle englobe arbres, haies et arbustes, sauf exception pour les plantations palissées en espalier contre un mur, à condition qu’aucune branche ne dépasse chez le voisin.
- Pour une hauteur de deux mètres ou moins : distance minimale de 0,50 mètre.
- Pour une hauteur de plus de deux mètres : distance minimale de 2 mètres.
Tout cela figure noir sur blanc à l’article 671 du code civil. Mais gare aux règlements locaux : le plan local d’urbanisme ou un arrêté municipal peuvent modifier la donne, imposant parfois des distances ou des restrictions selon les espèces ou la configuration du quartier. Pour mesurer la hauteur d’une plantation, on part du sol naturel jusqu’à la cime, sans tenir compte d’un éventuel aménagement artificiel. Une haie en limite de propriété répond aux mêmes exigences, sauf si elle est mitoyenne et fait l’objet d’un accord écrit ou tacite entre voisins.
L’essentiel, avant de planter près d’une clôture, est de partir du centre du tronc pour mesurer l’écart jusqu’à la limite séparative. Et surtout, veillez à ce qu’aucune branche, aucune racine ne déborde chez l’autre : le respect de ces règles épargne bien des litiges.
Cas particuliers et exceptions : usages locaux, accords entre voisins et situations spécifiques
Les règles du Code civil ne couvrent pas tous les cas de figure. Dans certaines régions, les usages locaux l’emportent, surtout dans les vieux villages ou les quartiers historiques. Un règlement local, un plan d’urbanisme ou un arrêté municipal peuvent adapter les distances minimales, voire autoriser la plantation en limite exacte de propriété. Dans ces situations, ces textes s’appliquent en priorité.
La gestion d’une haie mitoyenne repose sur l’accord, écrit ou tacite, entre voisins. Encore faut-il que la haie soit bien placée sur la limite, jamais en débord. En copropriété, les règlements internes peuvent fixer des règles très précises sur les plantations bordant les parties communes.
Autre cas de figure : la prescription trentenaire. Si un arbre ou une haie trône au même endroit depuis plus de trente ans sans contestation, le voisin ne peut plus exiger l’arrachage pour non-respect des distances. Dans les villes anciennes, comme Paris ou sa petite couronne, la jurisprudence et l’histoire des parcelles imposent parfois des pratiques différentes, notamment pour les vieux murs mitoyens ou les jardins étroits.
Enfin, certaines servitudes, passage, vue, écoulement des eaux, peuvent ajouter des contraintes particulières. Avant de planter, il vaut mieux interroger la mairie ou un professionnel pour vérifier les usages locaux et les éventuelles obligations propres au terrain.
Conseils pratiques pour éviter les litiges et entretenir vos plantations en toute sérénité
Pour vous aider à ne rien laisser au hasard, voici quelques bons réflexes à adopter :
- Contrôlez régulièrement la hauteur de vos arbres, afin qu’ils restent dans les limites autorisées par la loi ou les règlements locaux.
- Laissez les fruits tombés chez le voisin : ils lui reviennent de droit.
- Inspectez chaque année l’état des plantations en limite de propriété, pour détecter d’éventuels débordements.


